L'ALLERGIE DE CONTACT CHEZ L'ENFANT

 

 

 

Introduction

 

Chez l'enfant, l'allergie de contact est plus fréquente qu'on ne le supposait dans le passé.  La pratique des tests épicutanés auprès d'enfants chez lesquels on soupçonne une allergie de contact est donc justifiée.  Néanmoins une controverse subsiste concernant la concentration des tests à utiliser.  Certains utilisent la même concentration que pour les adultes.  D'autres prétendent que de telles concentrations causent des irritations et de fausses réactions positives, à cause de la réactivité plus importante de la peau (surtout) chez l'enfant (jeune) et à cause de la pertinence souvent non retrouvée.  Dans la pratique, pour les tests les mêmes concentrations sont en général utilisées.

 

 

Atopiques

 

Certaines publications font état d'une incidence différente en ce qui concerne l'allergie de contact chez les sujets atopiques et non-atopiques.  Parfois chez les atopiques une incidence supérieure est constatée; mais également parfois inférieure ou égale.  En général l'on est d'accord de dire que les atopiques ne représentent pas de risque particulier au développement d'une allergie de contact (contrairement aux réactions allergiques du type immédiat).  De même les allergènes retrouvés dans les deux groupes sont identiques.

 

 

Les allergènes de contact les plus fréquents chez les enfants

 

Chez l'enfant, on retrouve surtout des allergies de contact aux métaux, aux parfums, aux topiques et aux chaussures (1-9).

 

-         Métaux: nickel (avec une différence significative entre les deux sexes: plus souvent chez les filles, ce qui est expliqué par le fait qu'elles portent des boucles d'oreilles et des bijoux en métaux non nobles, par des crochets de fermeture de soutien-gorge) et cobalt, qui est souvent associé à l'allergie au nickel.

 

-         Topiques pharmaceutiques: tant les substances actives que les excipients.

 

-         Produits cosmétiques: parfums (avec comme marqueur le "fragrance-mix", un mélange de 8 composantes de parfums).

 

-         Chaussures (10-11):

 

·      plantaire:   caoutchoucs (thiuram-mix, mercaptobenzothiazole et dérivés, carbamates, diaminodifénylméthane) et colles (résine p-tert-butylphénolformaldéhyde);

·      dorsale:     dichromate de potassium (sels de chrome dans le cuir tanné).


L'allergie de contact aux plantes et aux colorants vestimentaires est rare chez les enfants.

Chez les adolescents, on retrouve rarement une "dermatose professionnelle".  Des patch-tests peuvent s'avérer utiles en vue du choix de la profession future.

 

Des exemples:

 

-         Contrat d'apprentissage comme coiffeur: paraphénylènediamine (colorant utilisé par les coiffeurs), thioglycolates (produit de permanente), ...

-         Contrat d'apprentissage comme ouvrier de la construction: métaux (sels de chrome dans le ciment), résines, ...

-         Formation dans l'industrie alimentaire: métaux, additifs d'aliments, protéines dans la viande, le poisson, ... (souvent chez les atopiques).

 

 

Diagnostic différentiel

 

Sur le plan du diagnostic différentiel, il faut surtout penser à la dermatite d'irritation, l'irritation pouvant être causée par différents facteurs: p.e. vêtements en laine, topiques (antiseptiques), cosmétiques, solvants, détergents, adoucisseurs de lessive, occlusion par les langes, etc.  Pour une dermatose au niveau des pieds, il faut établir un diagnostic différentiel avec une mycose, un psoriasis, une dermatose plantaire juvénile, une dermatite atopique, une dyshidrose, une hyperhydrose et une irritation (chaussures occlusives).  La chéilite de contact doit être différentiée de l'eczéma de léchage, de l'irritation (par la salive, par les jus de fruits), du latex (en faisant gonfler les ballons) ou de l'allergie aux aliments (dans le cadre d'une atopie).

 

 

Conclusion

 

A part des réactions allergiques du type immédiat (chez les atopiques), les enfants peuvent présenter également des réactions du type IV, sous forme d'un eczéma de contact allergique.  Chez les enfants, ceci est plus fréquent qu'on ne le supposait à l'origine et cela se voit surtout avec les métaux, les parfums, les topiques et les chaussures.

Quoiqu'une discussion subsiste sur la concentration exacte à utiliser dans les tests épicutanés, ces tests sont indispensables chez les enfants auprès desquels une allergie de contact est suspectée comme cause ou facteur aggravant de l'eczéma.

 

 

Références

 

1.      Gonçalo S et al.  Allergic contact dermatitis in children.  Contact Dermatitis 1992, 26:112-115.

2.      Ayala F et al.  A multicentre study of contact sensitization in children.  Contact Dermatitis 1992, 26:307-310.

3.      Barros MA et al.  Patch testing in children: a study of 562 schoolchildren.  Contact Dermatitis 1991, 25:156-159.

4.      Pambor M et al.  Allergic contact dermatitis in children.  Contact Dermatitis 1991, 24:72-74.

5.      Pambor M et al.  Results of patch testing in children.  Contact Dermatitis 1992, 27:326-328.

6.      Katsarou A et al.  Patch tests in children: a review of 14 years experience.  Contact Dermatitis 1996, 34:70-71.

7.      Rudzki E et al.  Contact Dermatitis in children.  Contact Dermatitis 1996, 34:66-67.

8.      Stables GI et al.  Patch testing in children.  Contact Dermatitis 1996, 34:341-344.

9.      Wantke F et al.  Patch test reactions in children, adults and the elderly.  Contact Dermatitis 1996, 34:316-319.

10.  Roul S et al.  Footwear contact dermatitis in children.  Contact Dermatitis 1996, 35:334-336.

11.  Trevisan G et al.  Allergic contact dermatitis due to shoes in children: a 5 year follow-up.  Contact Dermatitis 1992, 26:45.